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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 22:16

 

Les ressacs de la mer de Beaufort

 

Au matin du dernier jour nous retrouvons les chiens sous une légère couche de neige tombée durant la nuit. Ces bêtes sont assez extraordinaires car elles s’adaptent aux conditions de façon remarquable. Dès qu’elles se retrouvent attachées à la chaine, installée pour la nuit, elles comprennent assez rapidement qu’il va falloir passer la nuit et s’installent, après leur repas, en se recroquevillant le plus possible pour conserver leur chaleur. En règle générale ce type de chiens peut résister jusqu’à une température de -50C.

 

Le vent s’est un peu calmé et nous pouvons apprécier l’aspect grandiose de notre dernier campement sur la mer de Beaufort avant de le quitter. Auparavant, j’ai rejoint la rive pour gravir les dunes et bénéficier ainsi d’un aperçu du paysage depuis la terre ferme. Le spectacle est saisissant sous cette neige qui semble avoir réussi à figer le temps pour retrouver des jours meilleurs et oublier toute préoccupation. Après avoir démonté une dernière fois toutes nos installations, nous équipons les chiens pour un nouveau et dernier départ, laissant Olav charger le reste du matériel. Judi décide alors de rester sur la mer pour un moment et tente de diriger les chiens en leur donnant les ordres habituels « tchee » pour aller à droite et « tchaa » pour la gauche. Cependant nos valeureux compagnons semblent être désorientés et nous faisons de nombreux changements de direction sur une surface constituée de glace et vive et parfois de neige épaisse, soufflée par le vent. Lors d’un virage un peu trop serré je me retrouve éjecté et vais gouter la salinité des lieux. En fait plus peur que de mal et le mental fait le reste. Je houspille les cabots en les traitant d’oiseaux hideux et de faces de rats, ce qui ne semble pas du tout les affecter, sauf que cette fois-ci ils ont eu la bonté de se retourner pour voir ce qui se passait. J’ai comme l’impression qu’ils sourient ! Ceci étant le paysage est toujours aussi fascinant et irréel.
Nous rejoignons la route de glace pour les derniers kilomètres en passant devant quelques baraques en bois au lieu dit « Kittigazuit » qui est en fait un endroit où les autochtones chassent la baleine en été. Un peu plus loin Judi décide de reprendre la mer, alors que je continue pour ma part à suivre la moto neige d’Olav qui nous a rejoints. L’attelage de Geneviève vole vers Judi malgré des instructions contraires et un peu plus loin mes chiens attrapent le torticolis, ne sachant plus à qui obéir. C’est alors qu’Olav donne de la voix et prie Judi de rejoindre la troupe pour éviter une chienlit annoncée. La route en raison du mauvais temps est devenue plus étroite et les bas côtés sont rendus difficiles en raison des congères formées par le vent.
Puis nous apercevons Tuk et après quelques derniers virages sur la mer, nous rejoignons Tracy, l’employée de Judi et Olav, qui est arrivée avec la camionnette et la remorque pour les chiens. « We did it » et en sommes à la fois très heureux et fiers. Geneviève est quant à elle épuisée et très contente que notre périple se termine car elle n’a pas supporté la nourriture du dernier jour. Une fois les chiens embarqués et une dernière photo, nous allons faire un tour dans le village de Tuk et nous arrêtons à l'épicerie pour aller faire quelques achats dont des glaces ! Sauf pour Geneviève, toujours entre deux glaçons. Olav nous conduit encore aux endroits intéressants, en nous fournissant de nombreuses explications sur cette localité qui deviendra certainement dans un futur assez proche un lieu stratégique pour le futur passage du Nord Ouest, sur lequel je reviendrai dans le cadre d’un prochain article consacré à cette région, que les changements climatiques vont vraisemblablement modifier de manière significative.
En fin d’après midi nous reprenons la route pour Inuvik, environ trois heures pour faire les 185 km sur cette route fabuleuse. Après une bonne nuit de repos et une journée tranquille, nous allons faire un dernier repas sympathique offert par Judi et Olav, qui est retourné durant la journée à Tuk pour aller récupérer sa moto neige et la remorque (370km). Quant au temps il s’est très sérieusement adouci et la route de glace commence à fondre, ce qui est un peu trop tôt pour la saison.
Prochain article : « L’Arctique dans tous ses états ! ».

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