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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 17:35
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Le projet PAV (Praille-Acacias-Vernets) semble faire l’unanimité de la plupart de nos édiles, politiciens, médias, urbanistes, architectes et promoteurs. « Il faut impérativement aller de l’avant pour construire le futur urbain de notre canton et des logements, dont Genève a cruellement besoin. C’est une évidence et prétendre le contraire n’est tout simplement, raisonnablement et politiquement pas correct ! » Seulement voilà, nous ne savons toujours pas si le citoyen référendaire va suivre, parce qu’une fois de plus nous omettons de lui permettre de s’exprimer à ce stade de la réflexion, lui infligeant simplement une information qui tient finalement plus d’un certain mépris que de l’esprit d’une véritable enquête publique, prévue par les dispositions légales en matière d’aménagement. Et cela il semble que nous ne l’ayons toujours pas assimilé, malgré les nombreux blocages enregistrés ces dernières années. L’utilisateur est-il donc incapable de donner son point de vue et doit-il simplement se contenter de l’information qu’on veut bien lui distiller, se réservant de recourir au référendum ?

En Amérique du Nord il existe un outil qui fait de plus en plus partie du processus de planification urbaine. Ce sont les charrettes de conception. Elles amènent des personnes possédant des compétences diverses, comme les professionnels, représentants de l’Etat et des collectivités, habitants, étudiants et autres leader locaux, à créer ensemble des concepts innovateurs, qui traduisent bien les objectifs multiples et les intérêts communs. Ces charrettes offrent ainsi une tribune à des groupes divers pour explorer, comprendre, générer des idées ainsi que des solutions et évaluer les options préconisées et celles possibles. Il s’agit avant tout d’une approche systémique et intégrée pour traiter de questions complexes, comme l’occupation des sols, les transports, les espaces publics et privés, la densité, la destination des bâtiments, la mobilité, la forme urbaine, l’utilisation des ressources (matériaux, énergies, eau, finances) la production et traitement des déchets, ainsi que la valeur esthétique et marchande des futurs aménagements et constructions.

Généralement une charrette de conception dure de trois à quatre jours et exige un important travail de préparation et de logistique. La société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL www.schl.ca ) comme le National Charrette Institute à Portland USA (www.charetteinstitute.org) ont élaboré des guides, destinés aux personnes intéressées à organiser ou à lancer une charrette de conception. Vous retrouverez les sites susmentionnés dans les liens, figurant à gauche, ainsi que les références de l’entretien que j’ai eu en date du 19 septembre dernier, dans le cadre des vendredis de l’immobilier sur la chaîne de télévision de Léman Bleu, interrogé par Thierry Oppikofer (www.toutimmo.ch/ti/Videos.aspx) en choisissant l’émission du 19.09.2008 sur les charrettes).

Pour réaliser une charrette, un rapport préliminaire est établi pour présenter le projet envisagé, les lieux, les objectifs visés, les participants, le mode de sélection des équipes, le texte de l’énoncé de conception etc.… Ensuite, postérieurement au travail de réflexion et de remue méninges, un rapport final est présenté pour énoncer les conclusions, sous forme d’idées qui devront être explorées et discutées plus avant et dont le mérite est qu’elles ne sont pas coulées dans le béton. Il est aussi essentiel que ce processus soit accessible aux observateurs, médias, habitants pour donner à la charrette de conception la plus grande visibilité possible pour que chacun se sente concerné par le sujet et non exclu comme c’est souvent le cas chez nous. Et pourquoi finalement ne pas essayer aussi de faire envie ?

En conclusion je préciserai que mon objectif, en présentant ce sujet, est tout simplement d’ouvrir le débat, susciter un intérêt pour que cet outil puisse être repris dans nos régions, même s’il doit faire l’objet de quelques adaptations. Ainsi en nous inspirant de ce qui se pratique ailleurs, sans avoir à réinventer la roue, nous pourrons mieux intégrer les projets urbanistiques au sein de la population et ainsi gagner du temps, en faisant en sorte que les grands projets, comme celui de la Praille-Acacias-Vernets, puissent se réaliser dans des délais raisonnables et évoluer tout aussi rapidement pour répondre à nos besoins et ceux des générations futures.

Et pourquoi ne pas rêver un peu !

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