Ainsi pendant que Geneviève poursuit ses découvertes à Montréal, je suis de retour à Vancouver, où j'ai été très bien accueilli par les gens de l'hôtel, dans lequel nous avons résidé durant tout l'hiver. Ils étaient visiblement heureux de me revoir et l'ont manifesté de telle façon, qu'en prenant l'ascenseur une dame m'a demandé pourquoi j'étais aussi populaire dans cet établissement !
En outre la distance entre Montréal et Vancouver est assez importante pour accuser un décalage horaire de trois heures. C'est vraiment particulier à vivre, car en fait nous nous sommes habitués aux grandes distances et avons seulement l'impression d'être éloignés comme de Genève à Bâle. Je profite donc de ces quelques jours, avant la conférence sur l'urbanisme, pour revoir nos amis, qui demeurent toujours aussi intéressés de connaître nos réactions sur nos déplacements dans le pays, et, visiter une exposition passionnante, consacrée à l'art Haïda, ancien et contemporain, ainsi qu'à un architecte local de réputation mondiale, Arthur Erickson. Je dois dire que ces manifestations tombent à pic car elles me permettent, à la fois de compléter mon regard sur cette cité, qui est devenue notre deuxième ville d'adoption, et de tenter de percer certains mystères des très riches cultures natives, à travers celle du peuple Haïda, originaire des îles de la Reine Charlotte, situées au Nord de Vancouver et aux portes de l'Alaska. Je pense donc choisir ce sujet, une fois de retour à Genève, comme cadre du dernier article conclusif de cette année sabbatique et après un certain temps, pour nous permettre de prendre un peu de recul. Je dois avouer que j'ai été passablement ému par cette culture qui m'a également inspiré quelques travaux sur bois, pour lesquels j'espère avoir la bonne disponibilité d'esprit pour les réaliser. En attendant je vous présente quelques clichés qui font suite à l'article du 5 avril dernier, consacré à deux artistes canadiens, dont Bill REID, véritable révélateur de cet art d'une vitalité incomparable et qui n'a certainement pas encore tout dévoilé.
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Dessin sur drum Masque ancien de jeune fille
portant un petit labret de coquille
d'haliotide et au visage peint
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Sérigraphie de Robert Davidson T'samuus
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Sérigraphie de R. Davidson Sculpture de R. Davidson
Halibut, Halibut, Halibut Raven Fin
Quant au blog vous avez effectué plus de 9000 visites et visionné plus de 36'000 pages depuis son ouverture. Votre fidélité m'aura ainsi permis de poursuivre cette étonnante expérience, passionnante et très prenante, réalisée parfois dans des conditions assez précaires et à des heures indues. J'ai pu ainsi accumuler de très nombreuses informations, qui viennent compléter le journal personnel quotidien que j'ai tenu pendant tous nos déplacements, et plus de 2'500 photos, qu'il va falloir trier pour n'en conserver que les plus parlantes et intéressantes. J'ai d'ailleurs l'idée de réaliser un montage que je souhaite pouvoir montrer d'une manière assez originale, pour éviter l'ennui des soirées photos, qui enquiquinent souvent les gens qui n'ont pas senti, ouï et vibré en étant sur place. Ce projet mérite cependant encore beaucoup de réflexion et recherches techniques. Geneviève revient également avec de nombreux projets artistiques en tête, qu'elle vous révèlera le moment venu, sans parler du travail important déjà réalisé sur place et qui a reçu un très bon accueil (exposition vente de bijoux dans une galerie de Grandville Island et une autre exposition de dessins sketches à la peinture à l'eau, en octobre prochain, au West End Community Center de Vancouver). Le blog va donc encore rester ouvert, le temps de revenir et récupérer un peu, avant d'y mettre fin par un dernier article qui essayera de tout vous dire ou presque sur nos états d'âme après cette magnifique expérience que nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir réaliser.
Ainsi pour le moment, tout ce que nous pouvons donc vous dire, à quelques jours de notre retour à Genève, c'est que NOUS SOMMES TRES HEUREUX DE VOUS REVOIR TOUTES ET TOUS, en espérant que nous nous trouverons tous changés pour le meilleur et rajeunis d'une année !
A très bientôt et portez-vous bien...
Le 31 mai nous quittons avec un peu de regret le village de Percé et son île mystérieuse. Sur la route, dans la petite localité de Bonaventure, nous visitons le musée Acadien du Québec, qui nous apprendra un peu l’histoire de ces pionniers, venus du Poitou et de la Charente pour s’installer en Gaspésie. Sous la domination Britannique (1760), ne voulant pas se soumettre à la Couronne, ils ont alors été véritablement déportés aux quatre coins de l’Amérique, dont la Louisiane, où la colonie est encore la plus importante. L’accent est caractéristique et certains mots viennent du vieux français et patois. Les Acadiens s’identifient aujourd’hui sous la bannière bleue, blanc et rouge, avec une étoile dans la partie bleue qui représente la Vierge Marie. Aux dernières nouvelles les Acadiens envisagent même de créer une association spécifiquement acadienne pour le tourisme.
En fin d’après midi nous ferons étape à Carlton Saint Omer, dans la Baie des Chaleurs, comme l’a si bien nommée Jacques Cartier, qui y débarqua en juillet de l’année 1534, avant d’aller planter sa croix à Gaspé. Le lendemain nous visitons le Parc National de Miguasha qui préserve une falaise fossilifère, dont la réputation a fait le tour de la planète après sa découverte au XIXème siècle. Depuis 1999 ce parc fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco, qui l’a reconnu comme site naturel exceptionnel. La vedette du site est l’eusthénoptéron foordi, poisson vertébré, datant de 378 millions d’années. De nombreuses recherches sont toujours effectuées sur place pour trouver de nouveaux fossiles et continuer ainsi à percer les mystères de notre histoire. Après une balade sur la plage, les yeux rivés sur tous les cailloux, nous rejoignons le Saint Laurent en prenant la route de la Vallée, terminant ainsi notre boucle en Gaspésie par Sainte Flavie.
C’est en effet dans cette petite localité que nous allons retrouver les immergés du Saint Laurent, ces statues de béton et bois qui, selon les marées, semblent sortir de ce fleuve qui se prend pour la mer, pour confier quelque secret au passant attentif (voir album photos No 35). C’est l’œuvre d’un artiste local, Marcel Gagnon, que j’ai découvert par la lecture d’un livre qui m’avait été recommandé peu avant notre départ en juillet dernier. Consacré à la créativité, cet ouvrage raconte en plus ce qui allait devenir le Centre d’Art Marcel Gagnon, animé également par son fils Guillaume, une assez jolie réussite familiale ( voir leur site mentionné dans les liens).
Nous resterons deux jours à cet endroit pour nous laisser bercer par l’ambiance sereine du moment présent et pour une petite randonnée dans le Parc National du Bic, où nous subirons les premiers assauts des moustiques de la saison ainsi que des petites mouches mordantes. Ensuite nous quittons Sainte Flavie pour une dernière visite de la cidrerie de Saint Nicolas, guidé par sa truculente et sympathique propriétaire, qui nous fera déguster d’excellents cidres, comme le brut et celui de glace, ainsi que sa gelée, qui accompagneront un délicieux choix de fromages, le soir de notre dernière étape à Gentilly, dans un charmant décor campagnard.
Avant de vous parler des fous, quelques mots sur les Micmacs, rien à voir avec le terme micmac qui signifie désordre. Il s’agit d’autochtones de la famille des Algonquiens qui vivent dans les forêts des Appalaches, l’autre groupe étant les Iroquiens qui occupent la région des Grands Lacs et les Basses terres du Saint Laurent jusqu’à Québec. Les Micmacs furent les premiers à utiliser les ressources du territoire péninsulaire et des eaux poissonneuses afin de guider les explorateurs comme Jacques Cartier, les missionnaires, les pêcheurs européens et plus tard les Britanniques qui auront besoin d’eux, notamment dans leurs travaux d’arpentage. Reconnus comme d’habiles navigateurs, ils seront d’un précieux secours aux Français et Acadiens dans leur guerre contre les Britanniques.
Dans cette région micmaque est situé un charmant village touristique, Percé, qui doit son nom à son fameux rocher. Nous y ferons une halte de deux jours pour visiter l’île Bonaventure, repère extraordinaire pour plusieurs espèces d’oiseaux, comme le guilmot marmette, le gode ou petit pingouin, le guillemot à miroir, le goéland noir et l’argenté, la mouette et le macareux, oiseau au gros bec jaune.
Quant aux fous, il s’agit des fous de Bassan, dont la colonie, la plus importante de toute l'Amérique du Nord, atteint plus de cinquante mille couples. Ils arrivent dans la première semaine d’avril après avoir passé l’hiver en Floride et dans le Golf du Mexique et resteront jusqu’à fin octobre pour la nidification et donner naissance aux petits fous dont le soixante pour cent périra avant ou lors du premier envol.
Ce superbe oiseau, dont l’envergure peut atteindre deux mètres, pèse environ trois kilos, a une espérance de vie moyenne de vingt ans, maximum quarante et consomme chaque jour 500 gr. de poissons (capelans, maquereaux et harengs) ce qui représente pour toute la colonie 50 tonnes en une seule journée ! C’est dire si les eaux du golf du Saint Laurent sont poissonneuses puisqu’ils les partagent encore avec les autres oiseaux, les baleines, les phoques et les pêcheurs. Afin d’atteindre ses proies le fou prend son élan, ramène ses ailes le long du corps et comme une torpille fonce à cent à l’heure pour plonger, parfois jusqu’à 12 mètres de profondeur. Et comme la nature est extraordinaire, il amorti le choc par deux coussinets d’air, le long du coup, air qu’il aura inspiré préalablement avant de s’envoler. C’est un oiseau marin magnifique, passionnant à observer, adapté parfaitement à la vie en mer et pourtant il passe plus de six mois sur terre. Son anatomie et ses comportements prouvent également qu’il est très bien préparé à la nidification en falaise. Nous aurons tout le loisir de les contempler pendant deux bonnes heures, pratiquement seuls, car c’était le premier jour d’ouverture de l’île. L’album de photos No 34 vous permettra de mieux comprendre l’émotion que nous avons ressentie. Quant aux attitudes décrites, elles sont réelles et viennent d’une petite brochure que j’ai lue après avoir pris les clichés, que nous vous laissons découvrir.
Le lendemain nous testerons pour la première fois, durant deux heures, le kayak de mer avec de jolies petites vagues. Nous serons accompagnés par un sympathique guide, Franck, spécialiste du lancé de téléphone portable étanche à la mer, que nous retrouverons fort heureusement en revenant, sous un mètre d’eau environ. En fait il l’avait perdu en partant et ne s’en était pas aperçu immédiatement. Après deux heures dans la mer il fonctionnait encore parfaitement, avec trois messages de baleines de passage et un appel manqué d’un phoque stressé. A la suite de cette petite expédition nous nous rendons sur les hauteurs de Percé pour une randonnée qui nous permettra de bénéficier de superbes points de vues et de mieux connaître les essences d’arbres tels que le sapin baumier, l’épinette noire, le mélèze laricin et le thuya occidental. Ce genre de forêt nous rapproche de nos régions et nous change des forêts humides et boréales que nous avons parcourues à l’ouest.
Avec le retour du soleil nous pouvons enfin reprendre nos chaussures de montagne pour aller à la découverte des sentiers du Parc National de la Gaspésie. Situé dans la plus haute portion des Appalaches québécoises, il est encore le séjour des derniers caribous au sud du fleuve Saint-Laurent, alors que les orignaux demeurent plus nombreux, pouvant même atteindre deux par kilomètre carré. Nous en apercevrons d’ailleurs un superbe sur le bord de la route. Lorsque nous arrivons au parc nous allons prendre quelques renseignements pour la course que nous envisageons de faire. Malheureusement la zone concernée est occupée par les caribous qui mettent bas. Ce secteur doit donc demeurer préservé durant cette période. Seuls sont tolérés les ours noirs, qui viennent de se réveiller, et les coyotes, tous deux très friands de petits caribous égarés. Nous choisirons alors un autre itinéraire qui nous mènera au Mont Olivine, belvédère de 650 mètre d’altitude, d’où nous pourrons admirer le paysage.
Le 25 mai nous quittons Sainte Anne-des-Monts en direction de Gaspé Les villages sont typiques et quelques phares, encore en activité, méritent le détour. A Grande Vallée nous irons faire un tour sur le plus important port de pêche de la région, avant d’atteindre le Parc National du Forillon, où nous ferons le lendemain une très belle randonnée le long du littoral pour atteindre le Cap-Bon-Ami, impressionnant éperon rocheux face aux îles de la Madeleine, celle d’Anticosti et plus loin Terre-Neuve. En chemin nous croiserons deux sympathiques porc-épics et un renard distrait. Pour plus de détails vous pouvez vous reporter à l’album de photos No 33.
Après une bonne nuit de digestion nous visitons l’incontournable musée consacré à Jacques Cartier qui, en juillet 1534, marqua la présence du Roy de France (François 1er) en Gaspésie, en y érigeant une croix. Il vécu et mourut ensuite dans l’oubli le plus total. Ce fait n’aurait donc pas été retenu par l’histoire, si au XIXème siècle, l’élite canadienne française, voyant son identité menacée lors de la fusion du Haut Canada anglais avec le Bas Canada français en 1841, n’avait pas ressorti l’histoire de Jacques Cartier. Ce dernier, constatant en effet que son équipage s’ennuyait un peu dans cette magnifique baie, organisa pour lui la seule activité de plein air existant pour ce genre de croisière, la confection d’une croix et son érection in situ. Voilà vous savez tout. Pour la suite quelques explications vous seront données notamment sur l’apport des Micmacs en Gaspésie.
Nous quittons la cité de Baie-Comeau par le traversier, qui va nous permettre d’atteindre enfin la Gaspésie, en abordant à Matane, en 2 h 30. A cet endroit le Saint-Laurent a en effet une largeur d’environ 100 kilomètres. Il pleut, la température est plus que fraîche et il n’y aura pas grand monde sur le pont pendant la traversée. A Matane, après une balade sous la pluie et par trois degrés, nous finissons au cinéma du coin pour voir Da Vinci Code ! Ce qui explique que vous ne verrez pas de photos de cette localité, que nous quittons le 22 mai au matin par un brouillard à couper au couteau. Lorsque nous passons à Cap-Chat, nous ne voyons même pas les éoliennes. Arrivés à Sainte-Anne-des-Monts, où nous allons rester trois jours, nous nous dirigeons vers le Parc National de la Gaspésie, pour faire une randonnée de quatre heures avec quelques timides rayons de soleil et dans une solitude totale, propice à l’écoute de la nature, qui s’éveille après un long hiver. Le soir nous faisons un succulent repas (moules, crevettes et pétoncles) à la Poissonnerie du Quai, de Jean Guy, un pêcheur qui n’a pas résisté à l’envie de passer également à la cuisine, pour faire goûter les produits qu’il pêche.
Le lendemain, avec le soleil qui tente une sortie, nous gagnons Cap-Chat pour aller visiter le parc d’éoliennes, qui domine la localité, le plus important du Québec (76) et qui possède surtout l’éolienne à axe vertical la plus haute du monde (110m). Inaugurée en 1987, elle est actuellement en arrêt, dans l’attente de la conclusion d’un nouveau contrat avec Hydro-Québec, entreprise nationalisée, qui a lancé, en automne 2005, un nouvel appel d’offres pour la fourniture de 1'000 MW d’énergie éolienne. Cela pourrait ainsi porter la part de cette énergie de 0,2% à environ 7% au Québec, d’ici 10 ou 15 ans. C’est cependant nettement moins que les 20% déjà atteints par le Danemark ! Le potentiel du Québec reste toutefois assez impressionnant avec plus de 100'000 MW d’énergie, soit autant que 20 méga centrales hydroélectriques ! Une richesse comparable au pétrole de l’Arabie saoudite ou aux sables bitumineux de l’Alberta, pollution en moins. Hydro-Québec n’a cependant pas l’intention de produire elle-même de l’électricité grâce au vent, préférant laisser cette activité à des sociétés privées spécialisées, comme Cartier Wind Energy, qui appartient majoritairement à TransCanada, de Calgary, et Northland Power de Toronto ou encore dans le futur, éventuellement une société étrangère, qu’elle soit chinoise, étasunienne ou danoise. Cette visite technique, qui nous a appris passablement sur cette énergie, nous a tout de même interrogé sur son futur et sa compétitivité selon les pays et les impacts environnementaux et économiques.
L'énorme perturbation qui s'est abattue sur le centre du Québec ne nous a cependant pas découragé pour continuer à découvrir la région. Dans un premier temps nous avons longé la côte pour aller contempler, sous une pluie battante et par 3 à 4 degrés, le phare de la Pointe-des-Monts, érigé en 1930 sur une pointe que les anciens géographes classaient comme le point de démarcation entre le fleuve et le golfe Saint-Laurent. D'abord pourvu d'une lampe alimentée à l'huile de baleine, le phare connaîtra bien des améliorations techniques au cours des ans et demeurera en activité jusqu'en 1964. Il est aussi intéressant de savoir que le Québec compte quelque 43 phares traditionnels, dont la très grande majorité se dressent le long du littoral ou sur l'une des îles du Québec maritime.
Nous
Le barrage, haut comme un gratte-ciel de 50 étages et d'une largeur de 1.3 km, est un barrage de béton à voûtes multiples et à contreforts.

Après avoir longé le Saint Laurent jusqu’à Saint Siméon, en visitant au passage Baie-Saint-Paul, nous prenons une route qui va nous mener le long de la rivière Saguenay, en passant par L’Anse-Saint-Jean, charmant petit village au bord d’un fjord et faisons halte à Chicoutimi, qui veut dire en langage autochtone, « jusqu’où c’est profond ». En quittant cette localité le lendemain, nous visitons la pulperie, qui était la fabrique de pâte à papier, de 1901 à 1930, pour le marché Nord Américain. Nous apprenons que cette activité fut très florissante pour la région, qui se développa alors en fonction de celle-ci, jusqu’à un arrêt brusque, en raison de la chute des commandes et des prix, la compagnie s’étant également passablement endettée. Vous verrez dans l’album photos No 30 des vues prises dans le vieux village de Val Jalbert, au bord du Lac Saint-Jean, qui fut créé en 1901 pour être également abandonné en 1927 pour les mêmes raisons.
Nous choisissons ensuite de rester quelques jours à Alma, ville proche du Lac Saint-Jean pour effectuer quelques randonnées dans la région. Nous commencerons par une visite du zoo de Saint-Flavien, consacré à la Boréalie. De grands espaces naturels ont été aménagés pour accueillir plus de 80 espèces d’animaux, dont l’ours blanc et mon préféré, le muskok, que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion d’observer dans le Grand Nord. C’est une bête d’un autre âge, mystérieuse et superbe, qui, en cas de danger, se regroupe en cercle pour défendre le groupe. Le dernier album de photos commence par quelques clichés consacrés à cette visite. Le lendemain nous louons des vélos pour nous rendre à Saint-Gédéon (vous aurez remarqué au passage qu’il y a beaucoup de saints dans cette région où la religion a toujours été très présente. En réaction les québécois, pour dire l’équivalent de zut ou crotte etc…, ont recours à des mots comme « tabernacle, hostie ou encore vierge !») Cette randonnée d’une cinquantaine de km nous aura permis d’admirer plusieurs vols d’oies sauvages en migration, spectacle assez impressionnant vu le nombre et l’ordonnance en V de ces vols majestueux et élégants. La journée suivante nous mènera à l’Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette, lieu de méditation et ressourcement et ensuite à Val Jalbert (celui-ci n’a pas encore été canonisé !), ce village auquel j’ai fait allusion au début de cet article. Le lendemain nous reprenons les vélos pour une nouvelle randonnée, qui nous fera découvrir Saint-Henri-de-Taillon et son magnifique parc national qui borde le Lac Saint-Jean, aussi grand que notre Léman. Le soir nous dégusterons au restaurant du Doré boucané (saumon préalablement fumé avant d’être cuisiné à l’amérindienne).
Le 15 mai nous quittons Alma pour Tadoussac afin de retrouver le Saint Laurent, le plus long fleuve du monde. Sur la route, à travers une nature assez sauvage de forêts et petits lacs, nous nous arrêtons encore à Sainte-Rose du-Nord, un charmant petit village au bord de la rivière Saguenay. Lorsque nous arrivons à Tadoussac, nous découvrons alors une baie splendide qui fait partie, paraît-il d’une des plus belles baies au monde. Nous choisissons un petit hôtel sympa et réservons un tour en bateau le lendemain pour voir évoluer quelques baleines. Cette petite croisière de trois heures nous permettra d’observer quelques bélugas, des phoques gris ainsi que des petits rorquals (6 à 9m, 6 à 8 tonnes). Ces instants sont très intenses, surtout en raison de cet environnement fabuleux. Toutefois c’est surtout en été qu’il y a le plus d’espèces, comme la baleine bleue (25 à 30m, 80 à 130 tonnes) ou la baleine à bosse. A l’exception du béluga qui a élu domicile dans ces eaux, tous les autres mammifères reviennent entre mai et fin juin dans ces eaux froides du Saint Laurent pour y trouver la nourriture qui y est abondante, en empruntant une longue faille sous marine de 300 à 400 mètres de profondeur depuis le delta du fleuve. Pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur le sujet ils peuvent se référer au site mentionné également dans les liens.
Sur la route nous apercevons plusieurs superbes vols d’oies sauvages en migration, des centaines, en plusieurs escadrilles en forme de V, c’est spectaculaire. Le paysage nous change de l’Ouest et nous fait penser à certaines régions agricoles de France, en plus vaste bien sûr. Le Fleuve est bordé de petites maisons et ce qui change, ce sont surtout les espaces et cette vue grandiose sur le Saint Laurent, voie royale pour le trafic des hommes et des animaux, notamment certaines espèces de baleines qui remontent le fleuve et que nous essayerons de voir plus tard dans la région de Tadoussac, dans le Manicouagan, en suivant la route Trans-Québec-Labrador.
A Québec nous allons passer trois jours pour visiter la ville, qui vient tout juste de se débarrasser de son beau manteau blanc. Les touristes ne sont pas encore trop nombreux ce qui nous permet de flâner dans les rues de la Vieille Ville, du quartier Champlain, magnifiquement restauré, du Vieux Port, du quartier du Faubourg et de Saint Roch. Nous terminerons par la visite de la Citadelle, impressionnante place forte, bâtie sous la domination anglaise, pour se défendre d’une éventuelle invasion américaine. Pour le surplus nous vous laissons découvrir quelques photos de cette magnifique cité, capitale de la Belle Province en visionnant l’album No 29.
From Vancouver BC to California border, it’s easy to cross. SF is a nice, clean and wonderful town between wild: beach and forest (West), Sea and islands (East), not far from San Jose, San Barbara (South) and red woods, sandy cliffs (North). Earth quark of 1906 is over. SF is a mixture of cultures: Black, Asian, Indian and White people. Europe is very present. Downtown and all around these divers communities are living in crowds, speaking English, Italian, Spanish, French and a little bit German. Rich and poor are housing beside each another with his own culture. Homeless people, pawn stores, cheap apartments or rooms, bitches, gays and so on keep any areas very safe less by day and night. NOP ! Fisher man’s harbour, hills and monuments, Victorian and contemporary buildings, business squares, Chinatown, shopping, churches and cathedrals, museums, classic live and jazz music, theatres and performance places are giving you such a great pleasure !
Don’t forget numerous bridges and the famous Golden Bridge. Nature is everywhere within town and all around: beaches on Pacific, white sand, rocks, wild forests, full of red woods, cedar, palm trees, blooms, birds and so and so. But careful about bath, within summer time for example, water temperature doesn’t excess 16-17 degrees because high waves. For food it’s Heaven: big stores with wine and beers, snacks, typical restaurants and bistros. Living in SF about foods and clothes isn’t very expensive and workers are very happy to get a lot of money and taxes are almost moderate; but don’t have to buy a comfortable little apartment or condo downtown (one-two millions)! Anyway citizens are well organized (volunteers). People aren’t looking so fat because beside transportations (cable for ex) they are walking, hiking, biking, swimming and …Mac Donald’s is leaving California and fortunately Asian food is everywhere. Ten days of vacation in Frisco are sufficient but not too much.
Dans le dernier article, consacré à la route de glace pour Tuk, j’ai tenté de transmettre un aperçu de cette contrée fantastique, ignorée de la plupart des canadiens. Cette expérience n’aurait cependant pas été possible, en bonne partie, sans avoir séjourné au B+B Arctic Chalet, animé par Judi et son époux Olav. Situé un peu à l’écart d’Inuvik, ce havre de tranquillité borde un magnifique lac. Il donne également accès à cette nature sauvage et mystérieuse du Grand Nord, avec ses forêts boréales caractéristiques et ses grandes étendues où le regard se perd à l’infini. L’hébergement est organisé dans de petits chalets indépendants avec tout le confort et la possibilité de préparer ses repas. Les deux principales activités proposées sont le canoë, kayac en été et le chien de traineau en hiver. Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur cet endroit vous pouvez vous rendre sur le site mentionné dans les liens. Le jour de mon arrivée je suis allé faire une petite randonnée dan les environs, accompagné d’un jeune chien polaire de quatre mois, nommé Baffin. J’ai pu ainsi découvrir les nombreux et magnifiques sentiers offerts aux hôtes de passages, en été comme en hiver.
Avant de quitter cette contrée, Judi me propose de louer une voiture pour aller découvrir une partie de la Dempster Highway, cette route qui rejoint Dawson City à quelques 800 km dans un paysage grandiose et solitaire. Je vais cependant donner la préférence au chien de traineau, histoire de voir si je n’ai pas trop oublié mes précédentes leçons et tester le motoneige. En préparant les chiens je fais la connaissance de Tihaki, un japonais qui donne la main au B+B et dont l’histoire vaut la peine d’être contée brièvement. Ce jeune homme est en effet arrivé l’été dernier à Inuvik en descendant en canoë le Mackenzie. Après bien des jours de navigation, sans voir âme qui vive, il a rencontré sur la berge une charmante jeune biologiste québécoise. Ils se sont mariés à Inuvik, lors d’une cérémonie à l’extérieur, par moins 30 degrés, avec toute la famille venue du Japon et du Québec et ils vivent maintenant dans cette ville qui les a adoptés.